Violence de genre et violence domestique
En bref
L’ordonnance d’éloignement (orden de alejamiento) est une mesure précise : elle interdit de s’approcher de la victime, de son domicile, de son lieu de travail ou de tout lieu qu’elle fréquente. Elle peut être ordonnée à titre de mesure conservatoire pendant la durée de la procédure (article 544 bis du Code de procédure pénale espagnol) ou être imposée comme peine dans le jugement (article 48 du Code pénal). Elle s’accompagne généralement de l’interdiction de communiquer par quelque moyen que ce soit.
L’ordonnance de protection (orden de protección) est plus large. Il s’agit d’un statut de protection globale qui, en une seule décision, peut comprendre des mesures pénales (éloignement, interdiction de communiquer, retrait des armes), des mesures civiles (jouissance du logement familial, garde des enfants, droit de visite et pension alimentaire) et l’activation des services d’assistance et des aides destinés à la victime.
Les mesures civiles de l’ordonnance de protection sont valables 30 jours. Si la demande en matière familiale est déposée dans ce délai, elles sont maintenues pendant les 30 jours suivant son dépôt, période au cours de laquelle le juge doit les confirmer, les modifier ou les lever. C’est pourquoi il est conseillé de préparer la demande en matière familiale en même temps que l’ordonnance de protection.
S’approcher de la personne protégée ou communiquer avec elle constitue un délit de violation de mesure conservatoire (quebrantamiento de medida cautelar), même si la victime y consent. Lorsque la personne protégée est le ou la partenaire ou ex-partenaire, ou un membre de la famille visé à l’article 173.2 du Code pénal, la peine est de six mois à un an d’emprisonnement (article 468.2 du Code pénal). En outre, le non-respect peut entraîner un durcissement des mesures, y compris la détention provisoire.
Si la victime souhaite reprendre contact, la bonne démarche consiste à demander au tribunal de modifier ou de lever la mesure. Il ne faut jamais le faire de sa propre initiative.
L’ordonnance de protection est accordée dans le cadre d’une procédure pénale : il faut donc une plainte ou un procès-verbal de police (atestado) qui porte les faits à la connaissance du tribunal. Elle peut être demandée par la victime elle-même, par un membre de sa famille parmi ceux prévus par la loi ou par le ministère public, et le juge peut aussi l’ordonner d’office.
En tant que mesure conservatoire, elle est maintenue pendant toute la durée de la procédure, sauf si le juge la modifie ou la lève. En cas de condamnation, l’interdiction d’approcher est imposée comme peine, pour la durée fixée par le jugement en fonction de l’infraction.
Oui. L’ordonnance peut faire l’objet d’un recours en réformation (recurso de reforma) devant le même tribunal et d’un appel devant l’Audiencia Provincial d’Alicante (cour provinciale). Il est conseillé de préparer le recours rapidement, avec des preuves établissant le changement de circonstances ou l’absence de danger.
L’obligation de respecter la mesure incombe à la personne mise en cause : le consentement de la victime n’empêche pas le délit de violation. Le plus prudent est de ne pas répondre, de conserver la preuve du contact et d’en informer votre avocate.
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